Origine et histoire de la Cathédrale Notre-Dame-de-la-Sède
La cathédrale Notre-Dame-de-la-Sède de Tarbes, dédiée à Marie comme « trône de la sagesse » (Sedes Sapientia), trouve son origine dans une église du XIIe siècle, dont subsistent deux absides du chœur. Son nom provient du latin sede (trône), symbolisant la Vierge portant l’Enfant Jésus. L’édifice, de plan en croix latine, fut agrandi au XIVe siècle par une nef gothique, puis modifié jusqu’au XVIIIe siècle avec l’ajout d’un narthex et d’une façade classique.
Classée monument historique en 1906, la cathédrale mêle styles roman (abside et absidioles voûtées en cul-de-four) et gothique (nef à ogives, tour lanterne octogonale du XIIIe–XIVe). Son intérieur abrite une chapelle mariale, un retable doré du XVIIe siècle, et un orgue classé (buffet et partie instrumentale protégés en 1974 et 1979). Les voûtes, peintes aux XIXe–XXe siècles, couvrent un transept aux bras voûtés en berceau brisé.
L’histoire de la cathédrale est marquée par des extensions successives : chapelles nord (XVe siècle), salle capitulaire à deux vaisseaux, et sacristie abritant le trésor. La façade ouest, en grès de Mugron, date du XVIIIe siècle, période où l’évêque du Cambout réaménagea l’intérieur (maître-autel, chaire, lambris). Les guerres de Religion (XVIe) laissèrent des traces avec la fortification des absides, tandis que des restaurations (XIXe–XXe) visèrent à retrouver son aspect médiéval, comme l’arasement des surélévations défensives en 1892.
Parmi les personnalités liées au lieu, saint Vincent de Paul y fut ordonné sous-diacre (1598), et Monseigneur Pierre-Marie Théas, évêque résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, y est enterré. L’orgue, restauré entre 1990 et 1993, retrouve sa composition des XVIIe–XVIIIe siècles. La cathédrale, toujours active, célèbre chaque 20 novembre l’anniversaire de sa dédicace, perpétuant une tradition « de temps immémorial ».
Les vitraux de l’abside (1861) et les décors peints de la croisée du transept (1843) ou des voûtes (années 1930) témoignent de campagnes artistiques tardives. Le cloître sud, démoli en 1803, laissa place à une chapelle Saint-Louis (1815), elle-même détruite en 1959. Les fouilles révélèrent alors des vestiges du pilier nord-est du cloître, partiellement restauré.